Transformer nos déchets en ressources
Publié le 30/04/2026
Nos déchets peuvent devenir nos ressources ! Avec une politique forte d’incitation au tri et au recyclage, Brest métropole construit une culture commune de gestion durable des déchets.
C’est un sujet du quotidien. Et, pour Brest métropole, la gestion des déchets est un enjeu fort.
Depuis 2020, la collectivité a fait évoluer ses consignes de tri. Objectif : responsabiliser chacun dans les gestes de tri pour améliorer la proportion de déchets qui sont revalorisés et permettent ainsi de produire de l’énergie.
Produire de la chaleur
L’usine d’incinération des déchets du Spernot alimente un réseau de chaleur étendu, aidée en cela par la chaufferie bois. Brest métropole est un territoire respectueux de son environnement et met à profit l’énergie de l’incinération des ordures ménagères pour chauffer et fournir en eau chaude sanitaire de nombreux bâtiments publics, mais aussi des immeubles privés. Une énergie vertueuse qui, par ailleurs, permet de bénéficier de tarifs bien plus avantageux que les énergies fossiles.
Bien trier, mieux valoriser
Le contenu de nos bacs de tri peut également devenir une vraie ressource collective lorsque, bien triés à domicile ou en conteneurs enterrés, ils partent pour une nouvelle vie. Gérée par la Sotraval (pour la métropole et les EPCI du nord Finistère), l’usine Triglaz de Plouédern permet en effet de trier le bon grain de l’ivraie, et revendre, en bout de chaîne, les matières qui trouveront ailleurs une nouvelle vie.
C’est ce tri, auquel chacun doit être attentif, qui permet de bien faire tourner l’usine, pour une revente qui vient notamment financer les travaux d’amélioration de l’outil de travail de Triglaz ou de celle du Spernot,
Fabrice Jacob
Une responsabilité que nous portons tous lorsque nous trions nos déchets au quotidien.
Produire de l’électricité
Depuis deux ans, les bacs de déchets alimentaires se multiplient sur tout le territoire de la métropole. Outre les composteurs qui équipent gratuitement les foyers disposant d’un jardin, ces bacs permettent de collecter les biodéchets, c’est-à-dire les déchets alimentaires. Un nouveau réflexe à acquérir, avec une double satisfaction à la clé : constater que nos bacs d’ordures ménagères se vident, tout en sachant que ces restes de repas vont ainsi se rendre utiles. Ils sont ensuite traités dans l’usine de méthanisation de Menez Avel à Plourin pour être valorisés en biogaz ou en fertilisant.
En 2025, la collecte c'est :
-
40 300 tonnes
d'ordures ménagères
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11 000 tonnes
de papier et emballages
-
6 900 tonnes
de verre
-
695 tonnes
de déchets alimentaires
Boucle vertueuse
Le tri, partout, tout le temps, tel est donc le credo du territoire, qui s’est doté, ces deux dernières années, de corbeilles de tri sur l’espace public, et verra dans les prochaines semaines les parcs et jardins en bénéficier également. Les corbeilles de déchets vont ainsi disparaître de ces îlots de nature, pour offrir des points de tri disponibles aux entrées et sorties.
Un ensemble solide, profitable à tous, et complété par une incitation forte au réemploi et au recyclage. Le secteur, qui fait de plus en plus d’adeptes, vient ainsi boucler la boucle d’un territoire où les petits gestes de chacun améliorent, d’une façon ou d’une autre le quotidien de tous !
Quatre façon de trier
Depuis le 1er janvier 2024, Brest métropole déploie des points de collecte dédiés au tri des déchets alimentaires.
Aujourd’hui, 500 bacs de collecte ont été installés avec l’objectif de parvenir à 600 à la fin de l’année. Ces points de collecte ont été répartis dans toute la ville, et notamment à proximité des logements collectifs.
Fin 2025, 88 % des logements du centre-ville de Brest disposaient ainsi d’un de ces dépôts à moins de 100 mètres. Et le tonnage collecté de biodéchets dans la totalité de ces points s’élevait à 727 tonnes.
En moyenne, ils sont remplis à quasiment 50 %, preuve que, s’il reste une marge de progression, les habitants se sont bien saisis de ce nouveau geste de tri.
Mais pour que cette collecte soit efficace, chacun doit veiller à respecter certaines consignes : ces points d’apport spécifique sont dédiés à recevoir tous les restes alimentaires déposés en vrac, mais les os, la viande crue, les coquilles (crustacés…) ou encore les déchets végétaux (tonte…) doivent en être exclus.
En parallèle, la métropole met gratuitement à disposition des composteurs pour les habitants disposant d’un jardin pour gérer leurs biodéchets.
Équipés depuis 25 ans de bacs de collecte séparés (l’un pour les ordures ménagères, l’autre pour les déchets recyclables), les foyers de la métropole ne débutent pas leur apprentissage du tri des déchets. Que l’on habite en maison individuelle ou en immeuble collectif, des solutions pour trier ses déchets existent pour chacun, en proximité, qu’il s’agisse de bacs individuels ou de conteneurs enterrés. À cela se sont ajoutés les bacs de collecte des déchets alimentaires depuis un peu plus d’un an. Et, dans de nombreux espaces publics, des corbeilles différenciées permettent également de faire le tri de ses déchets du quotidien.
Pour autant, les erreurs de tri restent nombreuses, de l’ordre de 20 % en moyenne. Il s’agit souvent de gens qui veulent bien faire, par exemple en mettant leurs emballages dans des sacs. Mais cela constitue une erreur de tri
, note Guénaëlle Hénaff, à la direction déchets propreté. Afin de mieux identifier ces erreurs, la collectivité s’est récemment équipée de caméras embarquées dans ses camions de collecte. Elles analysent le contenu des bacs, et déclenchent également des alertes en direct auprès des équipes, en cas de détection de contenus dangereux (bonbonnes de gaz, batteries…), afin de prévenir tout accident. Les caméras filment uniquement le contenu des bacs, à l’intérieur du camion, sans possibilité d’identification de l’adresse.
De quoi optimiser les collectes, mieux comprendre les erreurs de tri, et adapter ainsi les campagnes de prévention, afin que chacune et chacun prenne conscience de l’importance de respecter les consignes de tri.
Pour en savoir plus
Brest métropole met un MémoTri à disposition des habitantes et habitants, disponible, avec le calendrier de collecte, sur la carte dédiée aux tournées.
Depuis la fin des années 80 et sa création, le réseau de chaleur de Brest n’a cessé de s’agrandir. Il serpente désormais, de manière souterraine, sur 65 km, alimentant au passage le CHU, l’université, ou encore la base navale, en chauffage et en eau chaude sanitaire. Plus récemment, le quartier de Lambézellec y a été raccordé, de même que les tours de Quéliverzan, qui ont profité de leur réhabilitation pour s’y brancher elles aussi, mettant ainsi un terme à l’usage du gaz individuel. Une grande partie des locataires du parc de Brest métropole habitat (Kerourien, Valy-Hir) en sont d’ailleurs également bénéficiaires, tandis que le quartier de Keredern va voir son maillage actuel densifié cette année.
Devenu l’un des outils les plus emblématiques du plan climat-énergie de la métropole, par lequel elle entend réduire au maximum l’usage des énergies fossiles, le réseau de chaleur est en effet alimenté à 70 % par la combustion des 120 000 tonnes de déchets annuels traités au niveau de l’unité de valorisation énergétique du Spernot, à 20 % par du bois, et à 10 % par du gaz. Des énergies bien plus vertueuses que les énergies fossiles, donc, qui assurent aujourd’hui le chauffage de quelque 20 000 équivalents logements sur toute la ville et évitent l’émission de 30 000 tonnes de CO2 par an !
Le réemploi est une solution de recyclage de plus en plus utilisée par les habitants. L’association Un peu d’R, désormais située en pleine zone commerciale de Kergaradec, le constate chaque jour. On est passés, après 2020, d’une population qui venait chercher à se meubler pour pas cher, à des gens qui ont pris la mesure des enjeux du réemploi dans l’environnement
, estiment David Marzin et Emmanuel Gazin, co-présidents d’Un peu d’R. La preuve par l’exemple : le magasin a enregistré l’an dernier plus de 50 000 passages en caisse !
Tout a changé, donc : le monde, les réflexes de consommation, les réflexes de réemploi. Mais la philosophie d’Un peu d’R, elle, n’a pas dévié d’un iota : le faire ensemble est le meilleur chemin vers un avenir plus durable. Partenaire des collectivités, dont Brest métropole, Un peu d’R participe ainsi à une logique de valorisation des objets qui a désormais le vent en poupe. Tout en préservant, en parallèle, sa fibre sociale et humaniste : depuis l’origine, l’association équipe en mobilier de seconde main les ménages en difficulté, sur prescription sociale (150 à 200 logements chaque année). Avec Brest métropole, Un peu d’R fournit également aux familles les plus modestes des ordinateurs reconditionnés, à destination des collégiens, de même que l’association remet, chaque année, entre 120 et 130 vélos aux enfants des quartiers brestois.
Un peu d’R : 14, rue André Colin, à Brest. Facebook : recyclerieunpeudr
Les 5 bons réflexes de tri
- Déposer uniquement les emballages et papiers dans les bacs à couvercle jaune (pas dans des sacs en plastique) ;
- Ne pas empiler les emballages et contenants (pots de yaourts…) ;
- Vider, pas laver : il est inutile de laver les contenants. Un emballage, même sale, a sa place dans le bac de tri. Il suffit de bien le vider ;
- En vrac, pas en sac : les emballages et papiers doivent être directement déposés dans le bac à couvercle jaune, sans les mettre en sac. Ces derniers ne sont en effet pas ouverts à Triglaz, mais partent directement à l’incinération ;
- Bouteilles et bocaux se trient dans les bacs dédiés, sans leurs bouchons et autres capsules, qui doivent être déposés dans les bacs à couvercle jaune.
Encore un effort !
Des campagnes de caractérisation du contenu de nos bacs d’ordures ménagères sont régulièrement organisées. Objectif : suivre l’évolution des pratiques, et adapter les messages aux habitants, afin d’optimiser les collectes.
La dernière campagne, en 2023, a mis en évidence des erreurs de tri encore fréquentes dans ces bacs à couvercle bordeaux, réservés aux ordures ménagères :
- 31 % de produits recyclables, dont 5 % en verre
- 31 % de produits évitables (dont 27 % de biodéchets et 4 % de produits alimentaires non consommés)
- 8 % de déchets autres, pouvant faire l’objet d’un dépôt autre (textiles, déchets dangereux, déchets d’équipements électriques et électroniques)
Le tri partout, tout le temps
Depuis 2024, la collectivité équipe progressivement ses espaces publics de corbeilles doubles, permettant de trier le tout-venant d’un côté, les emballages de l’autre. Bien visibles, en noir et jaune, ces corbeilles se remplissent bien, témoignant des habitudes de tri des habitants et visiteurs. Au total, 450 corbeilles de tri ont ainsi été installées sur les espaces publics en deux ans.