L'interview de Stéphane Roudaut, maire de Brest
Mise à jour le 11/05/2026
Stéphane Roudaut a été élu maire de Brest par les habitantes et habitants lors des dernières municipales. Interview.
Je fais la promesse de me donner à fond !
Après quelques semaines d’exercice, quels sont vos premiers constats, vos premières impressions ?
L’accueil formidable des agents de la ville. Je n’imaginais pas un accueil aussi fort avec une volonté de se découvrir mutuellement.
Vous vous êtes entouré de nombreux représentants de la société civile. N’est-ce pas prêter le flanc à la critique, quant à des personnalités novices dans la gestion d’une mécanique administrative de grande échelle comme l’est la ville de Brest ?
Tout citoyen peut devenir élu. Et je crois que dans une équipe, on n’a pas besoin d’experts, mais de bon sens. Et à partir de là, c’est une forme d’intelligence que de travailler ses dossiers, de partir d’un degré de connaissance qui peut paraître faible, mais qui est aussi une force : on n’a pas pris de mauvaises habitudes, on n’a pas de biais de lecture des choses. Et les services de la ville sont là pour conseiller et accompagner les élus. Ce que je demande de façon constante à cette équipe : être à l’écoute, pour comprendre. Après, les difficultés arriveront, parce que choisir c’est renoncer, et il faudra prioriser. Surtout, il n’y a pas de politique magique, ni d’argent magique. Mais les Brestoises et les Brestois ont, je crois, conscience de ces contraintes liées aux moyens.
Tout citoyen peut devenir élu. et je crois que dans une équipe, on n’a pas besoin d’experts, mais de bon sens.
Vous ambitionnez de faire de Brest la ville la plus inclusive de France. Concrètement cela va se traduire comment ?
Il faut dix ans, pas une semaine, pour gommer les problèmes. Il y a je pense une réelle attente dans l’adaptation du service public. L’inclusion doit être transversale, dans toutes nos politiques publiques, aussi bien dans le logement que dans l’éducation, le sport, la culture, les transports ou l’emploi. Et c’est tout ça en même temps. Mais il y a aussi les moyens, et nous avons fléché une enveloppe de 30 millions d’euros sur l’adaptation de l’espace public. Mais les associations, les commerces et les entreprises portent aussi la ville. Une de nos mesures fortes sera donc d’accompagner tous les commerces dans leur mise aux normes d’accessibilité, secteur par secteur. J’ai d’ores et déjà, notamment, demandé aux services d’aller vite dans la rencontre avec les commerçants autour des Halles Saint- Louis. On va les accompagner en ingénierie, et on financera à 50 % leurs travaux d’accessibilité. Et ça, ce sera visible pour les personnes en situation de handicap, mais aussi pour les seniors, et bien sûr pour les familles avec de jeunes enfants. C’est un projet de société : rendre la vie plus simple, plus proche, plus qualitative.
Mon ambition est simple : que chacun vive mieux ici, dispose d’une qualité de vie au quotidien.
Vous prévoyez une police municipale de 150 agents à terme. Que devient la Brigade de tranquillité urbaine (BTU) ? Quels sont les changements à venir en matière de sécurité sur l’espace public ?
La BTU a vocation à perdurer le temps de la montée en puissance de la police municipale. J’ai encouragé les agents à passer le concours de policiers municipaux, parce qu’ils connaissent la ville. Le statut de policiers municipaux leur donnera un cadre protecteur en cas d’incident. Nous étudions aussi nos marges de manoeuvre pour embaucher, d’ici la fin de l’année, des policiers municipaux complémentaires. De façon concomitante, nous travaillons avec l’État pour une nouvelle convention de coordination sur la sécurité, que nous espérons pouvoir signer avant le début de l’été. Enfin, dès mon arrivée, j’ai fait part au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, de mes préoccupations fortes sur l’évolution de la délinquance à Brest. Ses services les ont confirmées, sur fond de narcotrafic. En conséquence, j’ai donc demandé plus d’effectifs pour la police judiciaire, la BAC de Brest et les agents de terrain ainsi que le remplacement des départs en retraite.
Vous souhaitez consulter les Brestois autour des rythmes scolaires. Pourquoi, comment et quand ?
On ne peut pas parler uniquement des rythmes scolaires : il faut aussi parler du périscolaire, les deux vont ensemble. Donc, non, nous n’allons pas tout casser. Simplement : le modèle familial a complètement changé, et les élus ne peuvent pas fermer les yeux. Notre première mesure sera de proposer le périscolaire jusqu’à 19 heures, dès la rentrée de septembre. Ensuite nous travaillons avec les équipements de quartier, dans lesquels j’ai une grande confiance. Il faut faire le lien entre l’aide aux devoirs la semaine et un projet à bâtir avec les acteurs de la culture et du sport, pour le mercredi et les petites vacances. Sur les rythmes scolaires, ce que je peux dire c’est que nous devons avoir une vision territoriale de la question, à l’échelle métropolitaine. Nous nous donnons un an pour travailler cette copie. Mais je le dis : l’idée qu’on veut modifier les rythmes pour faire des économies est fausse !
Dès votre élection, vous avez assuré de travailler dans la transparence. Que vouliez-vous dire par là ?
Très régulièrement je rendrai compte au conseil municipal. Mais pas seulement ! Nous avons une méthode de terrain qui est importante ; on écoute, on définit, on vient dessiner les politiques publiques et on revient vers. Et puis, tous les deux ans, on aura des phases de validation, de confirmation et d’écoute, en allant à la rencontre des habitants, depuis les mairies de quartier, pour travailler à la stratégie politique de notre ville. Dans le même ordre d’idée, nous allons lancer quatre consultations d’ici la fin de l’année : sur les rythmes scolaires, sur l’installation d’un conseil local du handicap qui aura un rôle déterminant dans la définition de nos politiques publiques, et enfin sur la culture et sur le sport. C’est ça la transparence.
Pourquoi ces consultations ?
Parce que c’est de là que nous pourrons préparer nos politiques publiques, et la construction budgétaire pour 2027, qui sera notre premier vrai budget, pour porter notre projet pour Brest.
Être élu maire, c’est faire une promesse. Quelle est celle que vous faites aujourd’hui aux Brestois ?
Celle de me donner à fond ! Mon ambition est simple : que chacun vive mieux ici, dispose d’une qualité de vie au quotidien. Nos premières mesures en la matière seront visibles dès cet été, avec une adaptation des plages du Moulin Blanc et de la plage de Sainte-Anne, pour qu’elles soient accessibles à tous. C’est une première étape, et elle sera suivie de beaucoup d’autres !