Marine nationale, quatre siècles d’histoire brestoise
Mise à jour le 15/06/2026
Du 10 au 14 juillet, Brest fête la Marine. Cinq jours pour célébrer les 400 ans d’un lien indéfectible entre la cité du Ponant et la défense maritime française. À Brest, la mer est une culture, un horizon économique et stratégique. Raison pour laquelle, au moment où la Marine nationale célèbre ses 400 ans d’existence, le territoire brestois apparaît comme une évidence pour accueillir l’un des grands rendez-vous de cette année-anniversaire.
Une ville au rythme de la mer
Ces quatre siècles d’histoire trouvent ici un écho particulier. Depuis plus de 400 ans, Brest vit au rythme de son arsenal et de sa rade, observe Jean-François Quérat, préfet maritime de l’Atlantique. Le lien entre Brest et la Marine est profondément enraciné dans la culture locale. L’arsenal a façonné la ville, son urbanisme, son économie, son identité et même sa culture populaire. Pendant des générations, des familles entières ont vécu au rythme des constructions navales, des départs en mission, des grands programmes militaires ou des évolutions technologiques de la flotte.
Sur l’impulsion de Richelieu
De fait, l’histoire de la métropole brestoise est traversée par l’importance de son port militaire et de ses activités maritimes. C’est en 1626, à l’initiative du cardinal de Richelieu, que la Marine nationale est officiellement instituée. Brest est alors choisie pour être l’un des ports stratégiques majeurs de la défense maritime française. Au fil des ans, l’arsenal s’est développé, sous l’impulsion de Vauban. Quelque cent ans plus tard, à la veille de la guerre d’indépendance américaine, Brest est alors le premier port militaire du monde. Aujourd’hui, analyse Raphaël L’Herrou, vice-président de Brest métropole en charge du tourisme et des congrès, c’est aussi à Brest qu’est installée la plus grande préfecture maritime française. Cette ville demeure une des places fortes de la dissuasion militaire française.
Parole d’élu
Raphaël L’Herrou, vice-président de Brest métropole en charge du tourisme
Ici, la Marine nationale occupe une place prépondérante, et Brest ne serait sans doute pas Brest sans elle. Brest fête la Marine, ce sont quatre jours d’une fête qui se veut populaire et accessible à tout un chacun. L’événement se célèbre au tout début de l’été, à un moment stratégique pour l’économie de tout le territoire.
Riche passé, histoire moderne
Un riche passé, donc, et une tradition qui se lit encore tous les jours dans le paysage brestois. Ici, la Marine bénéficie d’un écosystème industriel stratégique unique en France, poursuit le vice-amiral d’escadre Quérat. Autour de la base navale gravitent des acteurs majeurs comme Naval Group ou Thales, qui font de Brest, avec d’autres, un véritable pôle d’excellence naval.
Une excellence qui s’avère, et pour cause, souvent discrète, mais pourtant essentielle dans un contexte mondial où les enjeux maritimes sont devenus centraux.
D’où elle vient, où elle va ?
Du 10 au 14 juillet, quai Malbert, c’est donc toute cette histoire qui s’apprête à vivre, avec Brest fête la Marine.
Gratuit, pensé par la Marine nationale et les acteurs de la métropole, le rendez-vous va littéralement lancer L’été à Brest. Visites de voiliers emblématiques, concerts, animations pour les familles ou rencontres avec les marins sont notamment au programme de ces cinq jours imaginés pour se rappeler que ce sont bien 400 ans d’un destin commun à la Marine nationale et à Brest qui se célèbrent. En même temps que l’histoire d’une ville façonnée par la mer et les marins, et qui continue de regarder vers le large sans jamais oublier d’où elle vient.
Trois questions à Alain Boulaire
Alain Boulaire est historien et auteur du livre Quatre siècles de Marine nationale, 2026, éditions Ouest France.
Brest et la mer, c’est une histoire qui remonte à quand ?
Dès la période romaine, au moins, Brest possédait déjà un port, au niveau de la Penfeld. Le château d’aujourd’hui était alors une ville close. Brest a toujours été traversée par l’histoire maritime. Sa position géographique lui a toujours valu d’être convoitée.
Comment date-t-on ces 400 ans de la Marine nationale ?
En 1626, Richelieu est nommé "Grand maître, chef et surintendant général des mers" par Louis XIII. Il décide de créer une Marine d’État unifiée, et cette date fait figure d’acte de naissance de la Marine nationale. Mais il lui faut alors des villes capables d’accueillir les infrastructures. Brest en fait partie. La ville prend son envol en tant que port militaire. À la fin du XVIIIe siècle, elle est même le premier port militaire du monde. Son rôle est capital dans la guerre d’indépendance américaine.
Quel regard portez-vous sur ces 400 ans célébrés à Brest ?
L’événement survient à un moment clé de notre histoire. Pour la première fois, peut-être, la Marine nationale joue les premiers rôles dans les différents théâtres d’opérations mondiales : la lutte contre le trafic de drogue, contre l’immigration clandestine, la traque de la flotte fantôme russe… Ces 400 ans à Brest, c’est une occasion de mieux faire connaître l’histoire passée et la réalité moderne.
Quatre façons de s’amariner
Une plongée dans le magistral traitement photographique de Stéphane Lavoué : c’est ce que proposent les Ateliers des Capucins jusqu’au 20 septembre, avec “Navire amiral”, en partenariat avec la Marine nationale et la Comédie française.
Labellisée Bicentenaire de la photographie et 400 ans de la Marine, l’exposition de celui qui fut, dix années durant, photographe de la Comédie française, s’articule autour d’une centaine d’œuvres, installées dans les cellules du passage des Arpètes. Grâce à une scénographie très immersive (un décor original est mis à disposition par la Comédie française), Stéphane Lavoué présente des portraits ainsi que des scènes de vie captées dans les coursives du théâtre ou au cours de ses immersions à bord de la frégate La Bretagne, du sous-marin Le Téméraire, ou du porte-avions Charles de Gaulle. Jaillit alors un monde pictural entre documentaire et fiction, rendant hommage à celles et ceux qui, sur les plateaux comme sur les flots, œuvrent dans l’ombre…
Quai Malbert, la programmation à terre s’annonce riche. Ateliers ludiques ou démonstrations se succèdent, avec également des expositions et une guinguette. En soirée, place à une programmation musicale aux accents du monde entier, avec la Kevrenn Sant Mark ou Fleuves pour les sonorités bretonnes, de la musique cajun, du swing, ainsi que l’harmonie municipale de la ville de Brest.
À quai, toujours, présence de nombreux stands, dont ceux du service historique de la Défense, de l’institut français de la mer ou de la Marine nationale, et d’un village des métiers, animé par le campus national des industries de la mer.
Le rendez-vous met évidemment à l’honneur des navires de la Marine et des vieux gréements, ouverts aux visites. La Recouvrance (visites gratuites le matin, embarquements l’après-midi et en soirée), l’ Abeille Bretagne (visites gratuites les 11 et 12 juillet, après-midi), Le Belem (visites payantes) ou encore Le Français (visites payantes les 11 et 12 juillet) sont notamment à l’affiche, tandis que des visites de la base navale à bord d’une navette transrade sont programmées.
Un grand fest-noz, un bal participatif des marins, un spectacle laser au port, des démonstrations de sauvetage en mer par hélitreuillage sont aussi annoncés. Sans oublier le traditionnel feu d’artifice du 13 juillet !
Jusqu’au 23 juin, à l’initiative de Brest métropole, habitantes et habitants sont invités à participer à un concours de vitrines dans tous les commerces du territoire ayant décoré leurs boutiques en écho aux 400 ans de la Marine nationale. Si les trois plus belles vitrines seront récompensées par un jury, un jeu-concours est également organisé à destination du public, dans les commerces directement, ou sur les réseaux sociaux de Brest life shopping (Facebook et Instagram). De nombreux lots sont à gagner. Le tirage au sort et l’annonce des gagnants sont programmés du 1er au 3 juillet.
Pour les commerçants et associations de commerçants, une belle occasion de valoriser leurs boutiques et d’y générer du passage ; pour le public, une façon de (re)découvrir les commerces locaux et d’y effectuer leurs achats.
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