Marion Desjours, sans cliché

Mise à jour le 15/06/2026

Du 7 au 11 juillet, Marion Desjours photographiera des femmes atteintes d’un cancer du sein, à Brest. Une galerie de portraits comme un fil rose, pour cicatriser les plaies des corps et des âmes.

Marion Desjours
Marion Desjours

Elle a l’accent chantant des femmes du sud. Et l’oeil perçant des Bretons partis pour l’aventure. Photographe, Marion Desjours partage sa vie entre Brest et Toulouse depuis l’enfance. Elle revient aujourd’hui en Bretagne, les bras remplis d’un précieux cadeau pour les femmes atteintes d’un cancer du sein.

La force d’un projet

 Tout a démarré avec le second cancer de ma mère. Son premier, je n’en avais pas vraiment souvenir. J’étais adolescente… Et 15 ans plus tard, on avait toutes les deux oublié la réalité de la maladie , soupire-t-elle. Cette amnésie sélective, Marion ne veut pas en être une seconde fois victime : Cet oubli, ça a été une motivation de plus pour entamer mon projet autour du cancer des femmes. Parce qu’on ne doit pas oublier, parce qu’on a le droit de se rappeler, parce qu’on doit prendre conscience du combat que tant de femmes mènent. 
Ce cancer maternel tisse un lien nouveau entre mère et fille. La seconde est alors étudiante en master de photographie à Barcelone, mais rentre régulièrement à Toulouse, pour documenter les étapes de la maladie puis de la rémission de sa mère.  Elle a accepté pour moi, pour mes études. Et au fil du temps, elle m’a confié que ça lui faisait du bien, que ces photos d’elle lui permettaient de dédramatiser sur son corps malade, de relativiser… J’ai compris que j’étais dans un projet vraiment fort. 

mini bio

17 juillet 1996 : naissance à Toulouse 

2004 : découverte de l’art photographique à l’occasion d’un mariage, en Bretagne.

18 juillet 2025 : Diplômée du Master Photo, nouveaux documentaires et auteurs de Barcelone

1er décembre 2025 : entame une résidence photo sur les femmes atteintes de cancer en Finistère, avec le soutien d’Harmonie mutuelle

7 au 11 juillet 2026 : résidence photo à la PAM avec Nerzh-Buhez

Marion Desjours
Marion Desjours

Prévention et sororité

Depuis, elle creuse avec bonheur ce sillon délicat, entre démarche artistique et dimension documentaire. De l’Espagne à la Belgique en passant par le Mexique, Brest ou Paris, Marion Desjours poursuit cette quête vitale. Pour elle, et pour toutes les femmes du monde :  Je ne peux que constater que les femmes sont victimes de cancers de plus en plus jeunes. Mon travail vise aussi à les sensibiliser à ça, à leur parler prévention… .
Fille de sa mère, elle sait que, toute sa vie, elle devra être attentive aux signes avant-coureurs. Femme tout court, elle croit en la puissance d’une « sororité du local à l’international ». Et sait qu’avec son projet, entre photographie et humanisme, elle apporte sa pierre à l’édifice.

Élargir le cercle, depuis Brest

Sa résidence à la PAM de Brest, du 7 au 11 juillet, est donc l’un des maillons de son fil d’Ariane :  Mon projet, c’est de travailler avec les femmes malades ou en rémission. Les photographier, c’est leur permettre de s’accepter, après la maladie. De prendre conscience de leur force dans ce combat. Et cela dans le monde entier, car nous sommes toutes vulnérables, quelle que soit notre couleur de peau ! . À Brest, cinq jours durant, Marion accueillera les femmes qui le voudront. Pour leur offrir ce trophée de la victoire qu’est leur image, saisie pendant ou après la lutte. Pour élargir le cercle des combattantes et participer, à son échelle, à panser les plaies des unes et des autres. Une exposition aura ensuite lieu, toujours à la PAM, à l’occasion d’Octobre rose. Son nom ? Nerzh-Buhez, (Force de vie en breton). Évidemment.

Pour s’inscrire aux séances photos qui se dérouleront à la PAM du 7 au 11 juillet, rendez-vous sur le site de la PAM.

Balises

 Brest, j’en ai longtemps eu de mauvais souvenirs. J’y ai passé une bonne partie de mon enfance, mais je venais du Sud, je ne l’avais pas bien vécu. Cette fois, je suis venue me réconcilier avec elle. Et je suis heureuse, parce que c’est ici que j’ai appris à faire de la voile, et donc à me débrouiller, à partir à l’aventure ! C’est ça pour moi Brest : l’ouverture sur le monde, les portes de l’Atlantique, le goût du voyage !